
Marineland et autres delphinariums
Il existe en France métropolitaine trois bassins où sont présentés des cétacés : le marineland d’Antibes, le parc Astérix à Plailly (Oise) et Planète Sauvage à Port Saint Père. Malheureusement plusieurs projets sont régulièrement relancés par les promoteurs de parcs en tout genre. L'établissement de Port Saint Père a été combattu par les associations de défense animale avant de voir le jour malheureusement le jour en 2009. Ce dernier a des missions de recherche scientifique sur les animaux... Un argument dépassé depuis longtemps par les vrais cétologues.
Les deux espèces principalement détenues dans ces parcs sont les grands dauphins (tursiops truncatus) et les orques (orcinus orca).
La détention de cétacés nécessite encore leur capture en milieu naturel. En séparant les individus, cette opération brutale est un traumatisme grave pour ces animaux sociaux. Les jeunes sont préférés aux adultes, car ils sont plus dociles pour le dressage. Celui-ci impose aux animaux des comportements anormaux et ridicules.
1 dauphin captif = 10 dauphins morts |
Les dresseurs ne peuvent pas obtenir ce qu’ils veulent par une violence physique sur ces animaux, donc ils s’appuient sur la faim de l’animal. L’isolement aussi est une punition qui affecte gravement le psychisme des dauphins qui sont des animaux qui vivent en groupe. Les tours exécutés font appel à des scènes anthropomorphiques qui sont à l’opposé de la sensibilisation à l’animal que ces établissements prétendent faire comprendre au public.
Le confinement rend les animaux très sensibles au stress et plus apte à contracter des agents pathogènes (virus, bactéries, algues, champignons) ; il provoque des comportements agressifs nombreux. L’eau dans laquelle évoluent les cétacés est traitée chimiquement : ce traitement endommage leur peau fragile et leur yeux. Le taux de mortalité est très élevé chez les cétacés gardés en captivité. Leur espérance de vie est considérablement réduite: un orque vit environ 80 ans en liberté contre 7 à 10 ans en moyenne dans un bassin.
En France, l’arrêté du 24 août 1981 définit les règles de fonctionnement, de contrôle et les caractéristiques auxquelles doivent satisfaire les installations abritant des cétacés vivants. Ce texte a le mérite d’avoir évité la prolifération de marineland en France mais il faut être vigilant car des projets sont régulièrement présentés aux autorités compétentes.
L'un des arguments défendus par les responsables de delphinariums est la reproduction des individus en captivité pour éviter les prélèvements d’animaux dans la nature. Mais nous savons que les delphinariums font encore capturer beaucoup d'individus sauvages car les animaux qui atteignent l’âge adulte en bassin sont trop peu nombreux.
Les recherches scientifiques sur les cétacés détenus en captivité mettent en évidence les pathologies des animaux et permettent de perfectionner uniquement les connaissances vétérinaires pour soigner les maladies développées par ceux-ci. La majorité des scientifiques effectuent leurs recherches sur le terrain et découvrent de nombreux aspects de leur vie sociale: entraide, mémorisation d’une technique de chasse, apprentissage de vocalisations propre au groupe, jeux, comportements sexuels, techniques de défense face aux prédateurs, etc.
Le piège de la semi-captivité
Les programmes de « nage avec les dauphins » ou de « delphinothérapie » proposent aux clients de mieux connaître la biologie des animaux, de partager un moment dans l’eau avec ces sympathiques animaux ou d’améliorer l’état mental de personnes atteintes d’un handicap.
Cette mise en scène n’est qu’une autre manière d’exploiter les dauphins. En effet, ces parcs en semi-captivité offrent l'avantage d'une eau de mer naturelle, mais la frustration des dauphins provoquée par l'enfermement est identique à ceux prisonniers des bassins. Dès lors qu’ils ont été capturés, les cétacés dissociés de leur structure sociale sont vulnérables vis-à-vis des prédateurs et l'efficacité de leur recherche de nourriture est plus incertaine. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que ces animaux restent dans leurs enclos, même si ces derniers sont ouverts sur le large: ils sont devenus totalement dépendants de l’homme. Les visiteurs croient que les animaux disposent d'un certain bien-être alors que ceux-ci souffrent.
La solution: le whale-watching
Les visiteurs des delphinariums ne sont en aucune façon informés ou plus conscients en matière de protection de l'environnement que les gens qui n'y vont pas. A l'opposé, les millions de personnes qui participent chaque année, dans le monde entier, à des sorties en mer, pour observer les cétacés sont sensibilisés au respect de la faune et de son milieu. Si cette activité, appelée le whale-watching, prend en considération les règles éthiques mises en place dans chaque pays pour ne pas déranger les animaux, c’est la meilleure manière de rencontrer, découvrir et défendre ces animaux.