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30 juin 2010

Echec du compromis international sur l’avenir des baleines:

Consensus entre les experts – Divergences entre les Etats

« De la baleine à la sardine et du poisson rouge à l'anchois dans le fond de l'eau chacun dîne d'un plus petit que soit» (1)...et au-dessus de l’eau semble perdurer la même logique, les intérêts commerciaux substantiels dépassant souvent la nécessité de préserver les cétacés.

Lors de la 62ème réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) à Agadir au Maroc du 21 au 25 juin 2010, les délégations des 74 pays présents (sur 88) ont conduit deux jours de discussions à huis-clos entre groupes régionaux afin d’étudier un plan élaboré par la présidence.

Afin de mettre un terme aux nombreuses années de confrontation entre opposants et partisans de la chasse, la proposition du président Cristian Maquieira envisageait de replacer les prises sous le contrôle de la CBI en autorisant la chasse, uniquement pour le Japon, la Norvège et l'Islande, sur une durée de dix ans, tout en instaurant des quotas (environ 400 baleines par an). Tous les membres de la Commission baleinière internationale n'ont pas souscrit au moratoire entré en vigueur en 1986, et la pêche commerciale se pratique donc encore. Selon l’Institut du bien-être animal (AWI) à Washington, 33.600 baleines ont été tuées depuis l’entrée en vigueur du moratoire. Ce plan devait ainsi permettre de sauver entre 4 000 et 5 000 baleines sur dix ans.

Soumise à de violentes empoignades, la CBI s'est longtemps montrée incapable de dégager un consensus. Dégager la majorité des trois-quarts que ses statuts exigent relevait de l’exploit. Et en effet, les négociations ont échoué. En 2009, à Funchal, sur l'île portugaise de Madère, les délégués de ses 85 Etats-membres, avaient déjà décidé de se laisser une année pour surmonter les désaccords fondamentaux menaçant la bonne marche de l'organisation. Déjà en 2009, William Hogarth, président de la CBI, déclarait : « si d'ici 2010, nous n'avons fait aucun progrès, il n'y aura pas de nouveau report ». Or il faudra de nouveau attendre un an de plus pour réviser le moratoire sur la chasse à la baleine. Les pays qui la pratiquent continueront donc à le faire. Les autres n'ont pas obtenu de contingentement. Le Groenland a obtenu le droit de chasser la baleine à bosse : neuf par an jusqu'en 2012. Les Inuits, soutenus par le Danemark, s'étaient déjà vu deux fois refusé ce droit réclamé au nom de la pêche aborigène de subsistance, ce qui lui permet de chasser d'autres espèces, comme le rorqual commun.

Du côté des anti-chasse, les Etats-Unis ont constaté « l'incapacité à dégager un nouveau paradigme », et le Brésil un « manque de maturité politique ». Alliée au Brésil, la Nouvelle-Zélande a suggéré « une pause, une période de repos et de réflexion pour revenir plus frais l'an prochain ». Du côté des chasseurs, le gouvernement japonais s’est réjoui de ne constater « aucune perspective d'accord en vue ». Semant la zizanie, il a aussi prétexté que la CBI avait trahi ses racines en mettant l’accent sur la conservation au lieu de permettre le développement d’une industrie durable de la chasse à la baleine, et qu’elle perdrait bientôt sa raison d’être.

Alors que la légitimité de la CBI est mise à mal (I), s’affrontent les gouvernements belliqueux quoique de plus en plus sensibilisés par la société civile (II). Dans ce contexte, l‘Union européenne peut-elle assurer un leadership dans les négociations internationales ? (III).  

I-  Quelle est la légitimité de la Commission baleinière internationale ?

La Commission Baleinière Internationale était à l'origine un ancien club des pays baleiniers chargé de veiller à la survie des baleines pour assurer la survie de l'industrie baleinière. Créée en 1946 sous l'égide de l'ONU, rassemblant à l'origine les pays chasseurs de baleines pour garantir la pérennité de la ressource par les études scientifiques et le contrôle des prises, l’organisation a de plus en plus de mal à imposer une réglementation internationale de la pêche des cétacés. Jusqu'à présent, elle ne contrôlait que la chasse aborigène de subsistance (300 à 400 prises/an) des communautés d'Alaska, du Groenland et de l'Extrême-Orient sibérien. Elle suggère donc désormais d’offrir pour les dix prochaines années des quotas qui légaliseraient leur activité, notamment dans l'océan austral pourtant érigé en sanctuaire depuis 1994.

Pour le commissaire néo-zélandais, Geoffrey Palmer, l'identité même de la CBI représente la cause du problème. Il regrette que « depuis 20 ans, l'objet même de la CBI est un sujet de divergence entre nous: est-ce un organisme de conservation des baleines ou un traité de chasse? Cette convention peut-elle associer ces deux points de vue? »  D’ailleurs, le point 3 de l’ordre du jour de sa 62ème réunion était intitulé: « L'avenir de la CBI ».

Le compromis proposé par la CBI visait à ramener toutes les opérations concernant la chasse à la baleine sous son contrôle, à renforcer son pouvoir, et à recentrer son travail sur la protection. Différents types de chasse à la baleine sont encore pratiquées : celles à des fins scientifiques, celles sous objection (chasses commerciales), et celles aborigènes. Seules ces dernières sont soumises à quotas. En l’état, la proposition de la CBI ne permet pas de restreindre le commerce international des produits dérivés de la baleine, de stopper la chasse dans les sanctuaires ou d’éliminer la chasse scientifique. Elle n’autorise pas non plus de mettre fin au régime d’objections ou d’exceptions, qui permet à des pays de ne pas appliquer certaines parties de l’accord. Toutes les formes de chasse passeraient ainsi sous son contrôle.

II- De l’impossible consensus… à la guerre scientifique, médiatique et juridique

Bien qu’ayant interrompu sa chasse suite au moratoire, la Corée du Sud se tient en embuscade revendiquant le droit de la relancer. Alors que treize pays d'Amérique latine exigent une réduction significative des quotas proposés, le Japon réclame un montant plus élevé. L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont fermement opposées à cette réouverture partielle de la chasse commerciale. De façon plus mesurée, la France ne soutient pas non plus le plan, mais souhaite une relance du processus. En effet, il est urgent de ne plus attendre : plus de 1 500 baleines ont été chassées en 2008-2009, dont plus de la moitié par le Japon sous couvert de chasse dite scientifique. La Norvège et l'Islande, qui ont refusé d'appliquer le moratoire, en pêchent respectivement cinq cents et une quarantaine.

Les ONG - tels le Pew Environment Group, Greenpeace et le WWF non-hostiles à un accord, attendaient toutefois des mesures complémentaires : pas de chasse d'espèces menacées, ni d'autorisation de commerce international, respect des avis scientifiques pour établir les quotas, révision des critères pour la pêche "scientifique" maintenue, et interdiction totale de la pêche dans l'océan austral. Quelque 200 experts, majoritairement scientifiques, ont appelé à maintenir le moratoire sur la chasse à la baleine. Des indices permettent de supposer que la vente de viande de baleine est un sous-produit de la chasse à des fins scientifiques. Or l'apport alimentaire et économique de la chasse à la baleine semble marginal. Pour le Japon c'est même une chasse coûteuse, subventionnée, qui mobilise beaucoup de gens (environ 200 équipages) pour un résultat assez maigre. L'augmentation constatée de certaines populations ne suffit pas à justifier la reprise de la chasse commerciale. Les baleines - à la maturité tardive mais à grande longévité - sont difficiles à observer,et donc à étudier. La protection des baleines reposerait alors sur leur conservation,ainsi que surlesactivités non létales, telle l'observation des baleines. Alors que 1 500 tonnes de viande de baleine pêchées l’année dernière n’auraient pas été écoulées, le whale watching (observation touristique des baleines) représenterait une manne toute à fait honorable.

Enfin, l’opinion publique pèse de plus en plus sur les gouvernements. D’ailleurs, plus d’un million de personnes ont signé une pétition exigeant le respect du moratoire sur la chasse commerciale de la baleine (remise au ministre australien de l'Environnement Peter Garrett, autrefois surnommé « Géant vert » du haut de son mètre 92, mais surtout en raison de ses engagements écologiques). Au Japon, les sondages d’opinion représentent une pression sur le gouvernement, qui pourrait d’ailleurs trouver plus facilement des compromis après une élection nationale qui aura lieu à la fin de l’année 2010.

Compte tenu de l’échec de négociations en 2010, certains ont accusé le Japon d’avoir notamment acheté des voix et utilisé l’arme financière de l’aide au développement pour s’attirer le soutien de pays plus pauvres dans le cadre du débat. En toile de fond, se seraient insérée la question de la corruption, bien que le Japon eût nié d'éventuels achats de voix à la CBI. Des vidéos (produite par le Sunday Times) montrent pourtant des représentants - africains et des Caraïbes - favorables à la chasse, énonçant le montant des aides d'Etat en provenance de Tokyo et de l'argent liquide au cours des séances de la CBI – auxquelles ils auraient été conviés, logement et voyages payés, par le Japon…la mise à disposition de prostituées lors de visites de délégations officielles au Japon relevant alors de l’ordre du détail.

Offensive, le 31 mai 2010, l'Australie a transmis à la Cour internationale de justice de La Haye sa demande d'interdiction de la chasse à la baleine par le Japon.

Au reste, les sénateurs américains avaient remémoré au Président Obama ses promesses faites lors de sa campagne présidentielle, où il affirmait qu'il se battrait pour protéger de nombreuses espèces, et en particulier les baleines. Pourtant la même administration américaine avait annoncé il y a quelques mois "réfléchir sérieusement à un accord pouvant aboutir à la réouverture de la chasse à la baleine". A priori très effacée, l’administration américaine agit de façon plus globale, c’est-à-dire sur d’autres aspects de la protection environnementale…espérant d’une part convaincre le Japon de faire des concessions en matière de chasse à la baleine, et d’autre part détenir le leadership au sein de la CBI grâce à cette tactique de travail en sous-terrain.

III - L’Europe, un soutien pour les baleines ?

Parmi les 20 des 27 Etats membres de l'UE membres de la CBI, l'Allemagne et le Royaume Uni mènent les débats. Berlin a fait du renoncement à la chasse à la baleine une condition absolue pour l'entrée de l'Islande dans l'UE (les pourparlers à l’adhésion viennent d’être lancés). Cette industrie représente 1 % du PIB islandais. En tant que membre de l'Espace économique européen et de l'espace Schengen, ce pays applique déjà près des trois quarts des exigences européennes nécessaires pour une adhésion. La Commission européenne a cependant identifié la question des baleines comme majeure. Parallèlement, au niveau international, vingt six pays (dont notamment les Etats-Unis, la France et l’Australie) ont aussi signé une déclaration regrettant la décision du précédent gouvernement islandais d’autoriser la chasse commerciale à la baleine.

Au Parlement européen, la commission de la pêche a adopté en février 2009 une résolution demandant à l'Union européenne d'œuvrer à la mise en place d'une convention internationale pour la protection des baleines. Elle a demandé d'interdire la mise à mort de baleines à des fins scientifiques, ainsi que le maintien du moratoire sur la chasse commerciale à la baleine. Elle a encouragé la désignation de vastes zones maritimes et océaniques comme sanctuaires où toute chasse à la baleine est interdite pour une durée indéterminée.

Au-delà de la reconnaissance de la nécessité d'autoriser un quota de chasse limité pour les collectivités pratiquant traditionnellement cette chasse pour leurs besoins alimentaires, elle demandait une nette intensification des efforts de recherche en vue de trouver et d'utiliser des méthodes humaines d'abattage. Les députés proposaient aussi la délimitation, dans des zones appropriées de la planète, de davantage de zones marines protégées où les baleines jouiraient d'une protection spéciale, et attiraient l'attention sur la nécessité d'utiliser des engins de pêche sélectifs afin d'éviter les captures accessoires d'autres espèces, notamment de cétacés. En dehors de ces zones protégées, des mesures doivent être prises pour mettre les cétacés à l'abri des menaces constituées par le changement climatique, la pollution, les collisions avec des navires, les engins de pêche, les bruits sous-marins d'origine humaine (sonars, études sismiques et navires, entre autres) et d'autres dangers. Enfin, un cadre réglementaire révisé pour la pratique de l'observation des cétacés, qui défende les intérêts économiques et sociaux des régions côtières où cette activité se pratique, devaient tenant compte de son évolution récente.

En 2010, près la CBI, l’UE exigeait une base scientifique pour la fixation d’éventuels quotas grâce au maintien du rôle central du comité scientifique. Opposée à l’ouverture de tout nouveau type de chasse, elle accepterait toujours celle à visée stricte de consommation locale, pour la limitation de la consommation de produits baleiniers à la consommation locale. Elle se fixait comme objectif final l’interdiction totale de la chasse qui ne serait pas conforme au moratoire sur les chasses commerciales dans l’hémisphère nord, et ce dans un calendrier agréé. Dans l’Océan Austral, les sanctuaires devraient être des zones totalement préservées.

L’UE demandait donc le maintien des règles appliquées aux pêches aborigènes, un mécanisme et un calendrier de révision de la CBI, qui ferait que toutes les activités, y compris de chasses scientifiques et sous réserve ou objections, seraient placées sous le contrôle de celle-ci.

Enfin, elle proposait l’introduction d’une clause rendant la décision de compromis nulle et non avenue en cas d’objection d’un gouvernement…surement est-elle consciente du fait qu’en la matière « un compromis fait un bon parapluie, mais un mauvais toit ».(2)
En attendant, malgré les cris d’alarmes lancés par ONGs et experts, les baleines resteront soumises aux négociations houleuses entre Etats belligérants.


(1) Francis Blanche, Extrait du poème Le carnaval des animaux.

(2) Robert Lowell, Extrait de Démocratie.

 

Violaine HACKER

 

24 avril 2010

Cétacés et voyages à travers l’Europe


Philippe Jacq est un globe-trotter hors norme qui voyage à la rencontre des autres à travers les cinq continents.

Mais son originalité est de voyager seul. Pour se déplacer à vitesse humaine comme il dit si bien, il a choisi le vélo comme moyen de locomotion. Sur sa bicyclette nommée « Fidèle », il a réalisé plusieurs exploits, comme un tour du monde de 40 000 km en 1003 jours, parcourir les deux Amériques du Nord au Sud, de l’Alaska à la Terre de feu soit un parcours de 24 000 km, le tour de la Scandinavie,  une traversée de l’Inde du Sud, un raid en Afrique de l’Ouest et le tour du Québec.

En 2006, Philippe Jacq change de compagnon de route et il s’élance seul avec un chariot nommé « Ulysse » pour une marche pour la paix en reliant le Mont Moïse en Egypte à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne.

Vous aurez compris que cet aventurier ne pouvait s’arrêter après avoir parcouru 91 715 km, cela ne fait pas très sérieux. Il a donc décidé de remettre Fidèle en service  pour totaliser au compteur les 100 000 km.

Le jour de la Saint-Fidèle, le 24 avril 2010, il est parti pour un voyage en deux parties.

Première partie, départ de la Gironde pour rejoindre la Bulgarie jusqu’à la mer Noire.

Deuxième partie, écrire le mot amour avec son vélo en travers de la France de l’Aquitaine à l’Alsace. Pourquoi un tel projet ? Philippe Jacq a constaté que le mot « vélo » avait pour anagramme le mot « Love », amour en anglais ; il n’en fallait pas plus pour qu’il reprenne la route !

Philippe Jacq est un amoureux de la vie, des Hommes et des animaux. Il soutient l’action de Cétacés et voyage et a décidé de faire sa promotion en mettant un autocollant sur une de ses gourdes de voyages.

Cétacés et voyage se fera donc connaître à travers l’Europe !

Nous souhaitons du courage à Philippe Jacq pour cette nouvelle aventure et nous le remercions pour son soutien.

Vous pouvez retrouver Philippe Jacq sur son site: http://www.chacunsaroute.com/www.chacunsaroute.com/Accueil.html

23 avril 2010

Une proposition de reprise de la chasse à la baleine à la prochaine réunion de la CBI

WASHINGTON, 23 avr 2010 (AFP) - La Commission baleinière internationale (CBI) a dévoilé jeudi une proposition de compromis destinée à résoudre les désaccords de longue date sur la chasse à la baleine, autorisant notamment une pêche commerciale limitée sur les 10 ans à venir qui passera sous son contrôle.

La Commission, qui a mené plusieurs mois de négociations parmi les grandes nations, a estimé que cet ensemble de mesures représentait "un équilibre délicat de concessions" et que "personne ne pouvait prétendre avoir gagné ou perdu". Cette proposition, qui sera soumise au vote lors d'une réunion en juin au Maroc, met en place un plan sur 10 ans, aux termes duquel toute la pêche à la baleine dans le monde sera soumise au contrôle de la CBI.

La proposition prévoit que les prises japonaises en Antarctique baisseront pour s'établir à 410 baleines au cours de la prochaine saison de pêche, puis à 205 spécimens lors de la saison 2015-2016. Le Japon, dont les citoyens sont de grands amateurs de viande de baleine, prévoit actuellement de tuer entre 765 et 935 baleines chaque saison en Antarctique, même si ses dernières prises en date sont tombées à 507 baleines, en raison du harcèlement en mer mené par des défenseurs de l'environnement.

Le compromis autoriserait également durant la période de dix ans la pêche baleinière par l'Islande et la Norvège, ainsi que par les bateaux japonais dans l'océan Pacifique. Mais il interdirait à tout nouveau pays de se mettre à la chasse à la baleine. Un moratoire de la CBI - qui réglemente la chasse et la conservation des cétacés - datant de 1986 proscrit toute chasse commerciale mais la Norvège et l'Islande l'ignorent tandis que le Japon exploite une faille juridique du texte, affirmant pêcher à des fins scientifiques.

Les prises japonaises en Antarctique ont provoqué la colère de l'Australie, fermement opposée à la chasse aux cétacés, qui a menacé de traîner Tokyo devant la justice internationale si le Japon ne cessait pas sa pêche dans cette zone. L'Australie a indiqué début avril ne pas pouvoir "soutenir le +compromis global+" discuté à la CBI", s'inquiétant du soutien croissant à un programme limité de chasse commerciale.

Hostile à la chasse des baleines, la Nouvelle-Zélande s'était néanmoins dit de son côté favorable au compromis, estimant que l'absence d'accord menacerait l'existence même de la CBI. Washington, qui a aidé à faire avancer le compromis, a refusé de se prononcer sur la proposition, prévoyant de nouvelles négociations d'ici au sommet de juin.

"La chose importante dans cette affaire est que la CBI ne fonctionne pas actuellement", a expliqué à l'AFP Monica Medina, commissaire américaine à la CBI. "Même avec le moratoire en vigueur, le nombre de baleines tuées est en hausse et si nous pouvons inverser la tendance et faire baisser ce nombre, ça serait une bonne chose".

Les partisans du compromis avancent que les négociations à la CBI ont été tellement parasitées par les querelles sur la pêche, que la commission n'a pris aucune mesure concernant les menaces croissantes sur les baleines que représentent le changement climatique, les collisions avec les bateaux ou les filets dans lesquels elles s'empêtrent.

Les défenseurs de l'environnement critiquent en revanche durement la proposition de la CBI, estimant qu'elle récompense l'Islande, le Japon et la Norvège d'avoir contourné le moratoire de 1986 et risque de relancer le marché, actuellement en baisse, de la viande de baleine.

Réagissez en signant la pétition http://www.avaaz.org/

 

1er mars 2010

Une orque captive tue sa dresseuse

Le 26 février 2010, Dawn Brancheau, une dresseuse du parc d’attractions Seaworld d’Orlando, aux Etats-Unis, a été tuée par une des orques du bassin lors d’une représentation. Les raisons de ce drame sont dans l’intitulé même du titre… D’après des témoins, l’animal nommé Tilikum, se serait hissé hors de l’eau et aurait saisi la femme entre ses mâchoires au niveau de la taille et l’aurait secouée dans tous les sens.

Selon l’association de protection animale The Humane Society of the United States (HSUS), Tilikum a déjà provoqué le décès de deux autres personnes. En 1991, alors qu’il était détenu au parc canadien de Sealand of the Pacific, l’animal aurait, avec deux autres orques, noyé une jeune entraîneuse en la maintenant sous l’eau jusqu’à la noyade. En 1999, en Floride cette fois, un homme qui apparemment s’était introduit la nuit dans le parc pour nager dans l’aquarium, a été retrouvé mort, le corps nu et lacéré indiquant que l’animal l’avait traîné contre les murs du bassin.

Ces agressions sont des dérives comportementales liées à la captivité car ce cétacé reste et demeure un animal sauvage. Dans la nature une orque a une vie sociale très importante. Elles vivent au sein d'un groupe d’une cinquantaine d’individus qui interagissent et rencontrent aussi d’autres orques. Elles peuvent également nager une centaine de kilomètres par jour en liberté. Le représentant des trois parcs américains Seaworld (Orlando, San Diego et San Antonio) a déclaré à l’AFP "A ce stade, Tilikum reste avec nous. Nous allons réévaluer nos procédures de sécurité et la façon dont nous travaillons avec lui, mais l'orque reste ici avec les sept autres épaulards qui forment sa famille".

Ce responsable ose parler de famille composée d’un groupe de sept individus parqués dans une baignoire ! De plus, certains animaux sont parfois prêtés temporairement à d’autres parcs. Cette affirmation confirme, s’il le fallait encore, que les représentants des delphinariums ont des connaissances bien pauvres en biologie marine. Par contre, ils maitrisent parfaitement les stratégies marketing. Comme le souligne Naomi Rose, spécialiste des mammifères marins à l'HSUS, « l'animal est la vedette d'un spectacle du parc mais surtout un précieux mâle reproducteur qui vaut des millions de dollars ; c'est pour cela qu'ils le gardent".

Russ Rector, un ancien dresseur de dauphins reconverti avait prévenu les parcs d’attractions de Seaworld que ses dresseurs sollicitaient trop leurs orques à des fins commerciales, ce qui stressait les animaux, et risquait de réveiller leur agressivité. Ce sont des animaux d'une grande intelligence et qui n'attaquent pas sans raison.

Cet accident ne fait que renforcer les arguments de personnes œuvrant contre la captivité des orques et impose une réglementation interdisant la détention de ces animaux dans les aquariums. En France, le Marineland d’Antibes possède plusieurs orques.

Pour conclure, rappelons que l'orque ne s'est jamais attaqué à l'homme dans la nature.

2 février 2010

Océans : un formidable plaidoyer pour la vie marine

Océans, c’est d’abord une prouesse technologique puisqu’il aura fallu 2 ans de préparation, 4 ans de tournage, 70 expéditions et 12 équipes de tournage. Toutes les technologies de pointe comme des caissons étanches dernières générations et des astuces comme un mini hélicoptère électrique télécommandé ont permis des prises de vues insolites.

Les mammifères marins : baleines, cachalots, orques, dauphins, bélougas, otaries, morses, phoques et ours polaires représentent les espèces les plus emblématiques et sont en quelque sorte les ambassadeurs de ce film. Mais les spectateurs découvrent aussi des scènes uniques avec la diversité des formes et des couleurs des poissons et des invertébrés.

Les superlatifs ne manquent pas pour décrire ce film car la beauté et le détail des images sont époustouflants. L’évolution d’une baleine à bosse et de son petit, les sauts des dauphins stenelle à long bec ou le repas du dugong sont remarquables.

Au de là de ces images paisibles, le réalisateur dénonce avec justesse la pollution,  la surpêche, la chasse à la baleine, les filets dérivants, l’exploitation des ailerons de requins et la disparition accélérée des espèces animales. Comme le dit le narrateur « On n’a jamais tant découvert, on n’a jamais tant agressé qu’aujourd’hui. La trace du génie humain souille rivages et profondeurs. L’exploitation systématique et irraisonnée des océans allonge inéluctablement le cortège funèbre des animaux disparus. Aucun animal ne se dressera pour sa survie. Les cris des espèces menacées resteront inaudibles » […] « la biodiversité des océans est nécessaire à notre propre survie ».
Avec ce film, sensibiliser le spectateur par l’émotion est le but recherché des deux réalisateurs M. Jacques Perrin et M. Jacques Cluzeaux. On peut dire qu’ils ont réussi leur pari.

Océans Sortie le 27 janvier 2010, film de Jacques Perrin et Jacques Cluzeaux.

Pour en savoir plus, visitez le site: http://oceans-lefilm.com/

 

 


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