
L’observation des baleines et des autres cétacés dans leur milieu naturel est aussi appelée le Whale-watching. Cela consiste à aller sur une embarcation pendant quelques heures ou plusieurs jours pour aller à la rencontre de ces animaux. Cette activité favorise l’étude des cétacés dans leur milieu naturel ; elle est aussi une formidable occasion pour le public d’approcher et de mieux connaître ces mammifères marins. Les touristes qui ont eu la chance d’admirer des baleines en plein océan seront leurs meilleurs défenseurs car ils ont pu apprécier leur beauté et leur fragilité.
Historique
Le whale-watching a commencé dans les années 1950 sur la côte de Californie afin d’observer les baleines grises qui migrent le long de ces côtes. Puis devant le succès croissant de ces sorties en mer, des compagnies ont vu le jour un peu partout dans les années 1970 là où les cétacés étaient nombreux. Ces croisières se sont développées de façon commerciale dans les années 1980 dans plusieurs zones côtières du monde comme: le fleuve du Saint-Laurent, les Provinces Atlantiques et la Colombie britannique (Canada), l’État du Massachussets, Cap Cod, Boston et Hawaii (Etats-Unis), Golfe de Californie (Mexique), Açores (Portugal), Kaikoura (Nouvelle-Zélande), Le Cap (Afrique du Sud), Australie méridionale, etc.
Le whale-watching est en plein essor depuis les années 1990 et il est possible actuellement de participer à des séjours aussi bien sur les côtes françaises que dans des régions plus extrêmes comme l’Alaska ou le Groenland. Le fait de partir à l’autre bout de la terre donne un côté aventure à ces voyages qui séduisent un nombre croissant de touristes.
La réglementation
Devant le développement excessif du whale-watching pouvant perturber les animaux, certains pays et organisations ont instaurés des règlements pour limiter la pression lors de l’observation. Il existe aussi des initiatives comme le « code de bonne conduite pour l'observation en mer » mis en place en 2001 dans le sanctuaire Pelagos en Méditerranée; il constitue une première étape pour l’élaboration d’une charte d’observation des mammifères marins en Méditerranée. Pour connaître les règles générales et les réglementations de chaque pays concernant le whale-watching, vous pouvez ouvrir ce document en anglais:
A review of whale watch guidelines and regulations around the world.
Les militants écologistes se battent pour que tous les opérateurs de whale-watching instaurent des règles locales en plus des règles internationales pour prendre en compte la spécificité des espèces et des populations de chaque région.
Les règles les plus courantes sont les suivantes:
- L’approche des cétacés doit se faire par une trajectoire devenant progressivement parallèle à la route de l’animal
- La zone d’observation est de 300 mètres. Dans cette zone, la distance d’approche maximum est de 100 m avec le moteur ouvert et 50 m avec le moteur éteint
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Eviter de poursuivre, encercler ou séparer les animaux
- Eviter de changer soudainement la vitesse du bateau
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Ne pas approcher les mères avec des petits
- Un seul bateau pour l’observation d’un individu
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Eviter toute activité qui pourrait altérer le comportement des cétacés
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Ne rien jeter en mer
Nager avec les baleines ou les dauphins est une activité qui nécessite une bonne condition physique. Cette pratique est autorisée ou non selon la réglementation locale. Pour que le whale-watching perdure et soit un atout pour la protection des baleines, il est important que ces règles soient respectées.
Quelques conseils avant de partir
Dans certains endroits de la planète, il est difficile de faire son choix devant la multitude des compagnies qui vous invitent à approcher les cétacés. Informez-vous d’abord sur la destination à travers des livres et guides touristiques. Deux ouvrages très complets sont à lire : Cap sur les baleines de Jean-Michel Dumont et Rémy Marion aux éditions Nathan et Observer les cétacés en Europe par Éric Hoyt aux éditions Safran.
Sur place, préférez en règle générale, les organismes qui existent depuis longtemps ou les organisations non gouvernementales. Privilégiez ceux qui naviguent sur un voilier ou un bateau traditionnel à ceux qui foncent sur des navettes rapides. Évitez les enseignes qui annoncent des slogans tapageurs du style « Vision de baleines garantie ». Écoutez les responsables de compagnie parler de leur activité, le font-ils avec conviction ou désintérêt ? Demandez-leur des renseignements sur la réglementation nationale ou locale concernant les distances d’approche des animaux, par exemple. Parfois un naturaliste est présent, ce qui constitue bien sûr un plus car il informera utilement les personnes sur la biologie des cétacés, leurs phases d’activité pendant l’observation et sur les menaces qui pèsent sur les animaux. Avec ces mesures de précautions, vous mettez toutes les chances de votre côté pour faire de belles observations.
Des voyagistes généraux présentent de plus en plus des sorties « nature » à leurs clients. Des enseignes connues ont une démarche écologiste et agissent pour un tourisme responsable. Il faut privilégier ces noms d’agences qui font un effort éthique ; elles adhèrent d’ailleurs souvent à l’association Agir pour un Tourisme Responsable (ATR).
La valeur économique du Whale-watching
L’observation des baleines tant dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud, occupe une part florissante de l’industrie croissante de l’écotourisme puisqu’elle rapporte 1 milliard de dollars par an. L’Organisation Mondiale du Commerce estime que les voyages « nature » et l’écotourisme comptent pour 20% des voyages internationaux.
En 1998, Erich Hoyt de la Whale and Dolphin Conservation Society (WDCS) a effectué une large étude systématique des programmes de whale watching et a conclu que ces excursions étaient disponibles dans 87 pays à travers le monde. Ces sorties en mer dans l’Atlantique attirent chaque année 1,7 millions de personnes qui peuvent admirer de nombreuses espèces de cétacés (baleines, dauphins et marsouins).
Les touristes viennent de loin pour voir les cétacés ; ils consomment dans les hôtels, les restaurants et les magasins. L’observation des baleines offre des possibilités économiques fantastiques, notamment en terme d’emploi, pour des communautés côtières dont le profit est tiré directement de la présence des cétacés. Pratiquée dans de bonnes conditions, c’est une alternative durable et profitable pour les hommes et les animaux. Elle engendre la création de sanctuaires marins contribuant ainsi à la conservation des cétacés et procurant aux biologistes un terrain propice à leurs études.
Le whale-watching rapporte plus en terme économique que la chasse des baleines que continuent de pratiquer quelques pays comme la Norvège et le Japon. L’Islande a tué plusieurs dizaines de petits rorquals en 2003 dans sa campagne de chasse à la baleine. Mais pour la seule année 2004, ce même pays a attiré 82.000 touristes par le whale-watching, ce qui a généré une entrée de 13,8 millions d’euros. Les exemples fourmillent et démontrent sans ambiguïté qu’une baleine vivante est plus précieuse économiquement sur le long terme qu’une baleine morte.
Conclusion : allez voir les cétacés dans l’océan, vous ferez une bonne action !